Depuis l'automne 2021, Cédric Turmel nous propose, outre ses chocolats, des cafés d'origine bio, issus de petites plantations.

Aujourd'hui, présentation du café en provenance du Honduras

Cédric Turmel approvisionne son café hondurien auprès de la COMSA, une Coopérative créée en 2001 qui regroupe 1 450 producteurs.

 

L'accès à la terre au Honduras est très inégalitaire. Depuis 2005, les 1450 producteurs de café de la coopérative COMSA innovent pour s'assurer un revenu agricole décent. Ils ont fait reconnaître la typicité de leur terroir avec l’appellation Marcala.
Ils dynamisent leur parcelle avec des méthodes agro-écologiques et des bio-fertilisants naturels qu’ils ont mis au point. Ils donnent la priorité aux équilibres écologiques et à la récupération des sols. Leurs rendements sont supérieurs à la moyenne nationale.
Ils partagent désormais leurs connaissances en formant d'autres coopératives de café .

La culture du café débute au Honduras en 1804. Devenu indispensable à l’économie du pays, le café est la principale exportation agricole du Honduras, où il fait vivre de nombreuses familles.
On dénombre officiellement près de 120 000 exploitants, dont environ 98 % sont de petits planteurs possédant une exploitation de deux à trois hectares en moyenne.
Au Honduras, la chaîne logistique du café laisse encore aujourd’hui une large place aux intermédiaires.
Les producteurs sont environ 77 % à vendre leur production à des intermédiaires, 16 % à la vendre directement à des exportateurs, très peu à l'exporter directement comme COMSA.

 

L'APPELLATION D'ORIGINE MARCALA
Marcala est une municipalité du département de La Paz. Elle offre la première "dénomination d'origine protégée" pour le café. Ce terroir produit en effet un café reconnu comme l'un des meilleurs au Honduras et dans le monde. Cette reconnaissance est liée aux caractéristiques agro-écologiques et culturels de la région, avec la présence de population native Lenca.

Pour mettre fin à l'utilisation abusive de son nom, l'idée de créer l'AOP café Marcala s'est imposé. L'initiative provient d'un groupe d'agriculteurs soucieux de protéger leur terroir, soutenu par l'Institut hondurien du café (IHCAFE) et l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID).

 

TRAVAILLER ENSEMBLE POUR ÊTRE PLUS FORT
En 2001, avec la baisse des prix du café à la bourse de New York, de nombreuses coopératives de producteurs se sont endettées, ont disparu et surtout perdu la confiance de leurs membres. Les producteurs se retrouvent seuls à vendre leur récolte aux intermédiaires sans scrupule qui profitent de la situation en achetant le café à un prix dérisoire.
Sans structure pour les défendre, les caféiculteurs n’ont pas la force de capter la valeur ajoutée du café. C’est dans ces conditions difficiles que la COMSA a émergé en proposant un nouveau modèle de coopérative basé sur le café biologique et équitable.


UNE ORGANISATION DE PRODUCTEURS INDÉPENDANTE
Créée en 2001 par une poignée de producteurs qui croyaient en un modèle coopératif revisité, la COMSA commence à séduire surtout à partir de 2005. Chaque année, les producteurs adhèrent de plus en plus nombreux. La COMSA passe de 70 producteurs en 2006 (2000 quintaux de café) à 900 producteurs en 2013 (84 000 quintaux de café). En 2013, COMSA emploie 27 permanents et 180 saisonniers.

C’est l’une des rares coopératives du pays à pouvoir préparer et exporter elle-même les containers de café dans plus de 20 pays différents. Elle est donc sortie des circuits classiques dépendant des grands exportateurs de cafés nationaux et des multinationales.

Ils et elles sont producteurs et vendeurs de café, mais ils forment aussi un collectif impliqué dans la Responsabilité sociale axée sur l'éducation et les projets sociaux qui profitent aux membres et à leurs familles et notamment aux femmes et jeunes filles.
La coopérative est fortement impliquée dans les questions d'éducation scolaire et extrascolaire des enfants des coopérateurs, de la formation technique des coopérateurs. Un effort tout particulier est apporté sur la participation et la formation des femmes. La préoccupation environnementale de la région de Marcala est aussi un des objectifs collectifs, pour l'amélioration de la qualité de vie et la santé des habitants, pour la réduction des déchets et leur recyclage.

LES GOÛTS du CAFÉ du HONDURAS
C'est un café complexe, parfumé d'une acidité vive, d'un corps velouté et onctueux, d'exquises saveurs d'agrumes d'orange et de pêche ; avec un arrière-goût floral, cela une boisson vibrante au palais qui classe le café Honduras parmi les meilleurs cafés.

 
 María Dolores Zelaya et son mari Juan Adolfo (c) Comsa


LA FERME "Mini Granja Dilma"

La propriétaire de cette petite ferme située à 3 km de Marcala est Maria Dolores Zelaya. Elle a découvert la culture du café en se mariant avec Juan Adolfo il y a 25 ans.
En 2012, ses belles-sœurs ont participé à une rencontre avec des femmes productrices de café au Nicaragua, elles sont revenues parler de cette nouvelle expérience où les femmes avaient leur propre production et exportaient leur propre café. Elles l'ont invitée à connaître la proposition de vie de COMSA, elle est allée à la première réunion et est devenue plus tard associée de l'entreprise.
En tant que membre de COMSA, elle a commencé une formation en agriculture biologique et on lui dit que pour être caféicultrice, elle doit avoir sa propre parcelle, avec des papiers à son nom. Elle est allée s'inscrire auprès de COMSA et a continué sa formation aux procédés de production du café.
Après le Diplôme d'Agriculture Biologique, elle a commencé à partager les nouvelles théories et pratiques responsables avec l'environnement avec son mari, l'encourageant à les mettre en pratique sur sa ferme.

La démarche de María Dolores pour devenir productrice de café n'a pas été difficile, elle a toujours eu le soutien de son mari, mais toutes les femmes ne bénéficient pas des mêmes conditions et elles doivent se débrouiller seules. Depuis le début, elle a toujours voulu faire les choses par elle-même et elle ne voulait pas mélanger son café avec celui de son mari, elle voulait avoir son propre moulin, sa propre machine, elle voulait tout apprendre, et c'est ce qu'elle a fait.

La plantation est située à 1 300 mètres d'altitude. Il y a deux variétés de cafés : Bourbon et Catuai. La récolte s'effectue de novembre à mars.

(c) Comsa


Production alimentaire à la parcelle
Incitée par la direction de la coopérative COMSA, la MiniGranja Dilma a diversifié ses productions et, désormais, même les espaces du jardin sont utilisés pour produire des légumes.
Depuis qu'elle a découvert l'agriculture biologique, elle et sa famille participent au "Panier Bio" mis en place par la coopérative, ils fournissent des légumineuses ou des produits laitiers bio.
Mais l'essentiel est d'abord que la famille produise tous ses besoins propres sur sa parcelle : ils n'ont pas acheté de légumes au marché traditionnel depuis deux ans.
La famille possède également des lapins, des chèvres, des vaches, des poulets, des cochons et des chevaux. María Dolores, a pour objectif de tout produire à la maison et de ne pas avoir à attendre qu'on leur vende de la nourriture pleine de produits chimiques.
La ferme se charge aussi de la production de ses propres engrais organiques générés par les vaches, les poules et cochons de la famille.

 

Maria Dolores produit des propres ferements(c) Comsa


"Nous les femmes pouvons, nous sommes courageuses et fortes, c'est pourquoi le nom MINI FARM DILMA, c'était le nom de ma belle-mère, elle est morte d'un cancer mais même dans sa maladie elle était en avance, elle travaillait, elle était une grande femme, une femme battante et rêveuse »

María Dolores

 


Françoise Trubert, 11 mars 2022

 

SOURCES : N'étant pas trop disponible pour partir en reportage sur place au Honduras, je me suis servie pour cet article des informations sur les sites suivants :